Mercredi soir, le chanteur Kley Saley a laissé éclater sa colère face à une situation qu’il juge profondément injuste. L’artiste ivoirien s’en est pris avec virulence au BURIDA (Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur), dénonçant un paiement dérisoire de 87 000 FCFA qui lui aurait été attribué pour l’ensemble de l’année 2024.
Cette somme, qu’il considère comme insultante, prend une dimension encore plus frustrante lorsqu’il la compare aux montants perçus par certains de ses pairs. Selon Kley Saley, des artistes auraient reçu des droits d’auteur bien plus importants, dont un qui aurait empoché la coquette somme de 29 millions FCFA, comme l’atteste une note émanant du BURIDA. Le chanteur se montre d’autant plus outré que l’institution a récemment annoncé avoir recouvré plus de 2 milliards FCFA au titre des droits d’auteur, des fonds qui ont commencé à être redistribués dès le 15 décembre. Face à cet écart vertigineux entre le total récupéré et le montant qui lui a été versé, Kley Saley dénonce ce qu’il perçoit comme une injustice criante, n’hésitant pas à parler de scandale.
Cependant, le BURIDA apporte un éclairage différent sur cette affaire. L’institution classe Kley Saley parmi les artistes relevant d’un « traitement social ». En effet, pour l’année en cours, une mesure spéciale a été mise en place : un forfait de 87 000 FCFA a été attribué aux artistes considérés comme inactifs ou n’ayant pas déclaré leurs spectacles. Loin d’apaiser les tensions, cette explication a provoqué l’ire de l’artiste. « Avec tous ces milliards collectés ces derniers temps… Vous allez venir donner 87 000 francs à un artiste et lui dire qu’il fait partie des cas sociaux ? Moi, Kley Saley, un cas social ? Un artiste qui tourne. C’est méchant », a-t-il lancé avec véhémence.
Pour apporter davantage de précisions, Fadal Dey, membre statutaire du BURIDA, a expliqué que Kley Saley n’avait pas fourni les informations nécessaires à la déclaration de ses spectacles, notamment les dates et les lieux. Cette absence de déclaration a empêché l’institution de collecter les droits d’auteur correspondants, compromettant ainsi le versement de montants plus significatifs. Barthélémy Inabo, une autre figure influente du secteur, a souligné l’importance cruciale pour les artistes de déclarer leurs prestations au BURIDA. « On appelle cela des programmes. C’est sur cette base que les droits sont payés », a-t-il expliqué. Il a également rappelé que les artistes disposent de recours pour rectifier de telles situations.
« Il suffit d’écrire au Directeur Général du BURIDA en joignant les preuves de vos activités, et votre cas pourra être réévalué. Sans justificatifs, le BURIDA ne distribue plus d’argent. L’institution verse uniquement les droits collectés sur vos prestations. Si vos spectacles rapportent un million, le BURIDA ne prélève que 30 % pour son fonctionnement. Le reste revient à vous et à vos collaborateurs, comme les arrangeurs, etc. », a-t-il conclu. Cette procédure, bien qu’ouverte, semble laisser Kley Saley profondément amer, dénonçant un système qu’il considère comme opaque et inéquitable.