Les récentes plaintes concernant les arnaques liées aux ventes aux enchères des Douanes ivoiriennes ont une fois de plus mis en lumière un problème récurrent : l’opacité et la mauvaise organisation de ces opérations. Daouda Coulibaly, dans une déclaration incisive, appelle à une introspection sur le fonctionnement des Douanes et les responsabilités à assumer avant de pointer du doigt les arnaqueurs.
L’opacité des ventes aux enchères : un flou volontaire ou un manque de modernisation ?
Les ventes aux enchères des véhicules saisis par les Douanes ivoiriennes sont censées être une opportunité pour les citoyens d’acquérir des biens à des prix compétitifs. Mais dans les faits, peu de personnes savent quand et comment ces ventes se déroulent.
•Informations insuffisantes : La dernière annonce publique claire sur ces ventes semble dater d’un autre temps. Ni les dates, ni les modalités ne sont communiquées de manière accessible et transparente.
•Manque de modernité : À l’ère du numérique, on pourrait s’attendre à un site internet régulièrement mis à jour, des notifications ou encore des plateformes en ligne facilitant les participations. Or, tout se passe encore dans des cadres obscurs, laissant place à toutes sortes de spéculations et d’opérations douteuses.
Les arnaqueurs, des opportunistes d’un système défaillant
Comme le souligne Daouda Coulibaly, “là où il y a un vide, d’autres s’installent”. L’absence de clarté et de rigueur dans la gestion des ventes aux enchères a créé un terreau fertile pour les arnaqueurs. Ces derniers n’hésitent pas à exploiter l’ignorance et la frustration des citoyens en se faisant passer pour des intermédiaires ou en vendant de fausses promesses d’accès aux enchères.
Plutôt que de se limiter à dénoncer ces pratiques, il est crucial de comprendre qu’elles sont les conséquences directes d’un système mal organisé.
Des solutions simples et efficaces pour plus de transparence
Afin de restaurer la confiance et de mettre fin aux escroqueries, des mesures concrètes peuvent être mises en place :
1.Communication transparente : Publier régulièrement des annonces claires sur les ventes aux enchères via des canaux officiels comme des sites web, des réseaux sociaux et des médias traditionnels.
2.Digitalisation : Créer une plateforme en ligne dédiée permettant aux citoyens de consulter les listes de biens, de s’inscrire aux ventes et même d’enchérir directement.
3.Éducation et sensibilisation : Informer le public sur les véritables modalités d’accès aux ventes pour couper court aux rumeurs et aux fausses informations.
4.Surveillance renforcée : Instaurer des mécanismes de contrôle pour identifier et sanctionner les arnaqueurs se faisant passer pour des intermédiaires officiels.
Changer pour éviter de “balayer devant sa porte”
La déclaration de Daouda Coulibaly est un rappel cinglant : les institutions doivent d’abord regarder leurs propres failles avant d’accuser les autres. Les Douanes ivoiriennes ont une responsabilité majeure dans la situation actuelle. Moderniser et professionnaliser leurs pratiques ne bénéficierait pas seulement aux citoyens, mais renforcerait également leur crédibilité en tant qu’institution.
Si les ventes aux enchères deviennent des événements transparents et accessibles, le mythe des “arnaques liées aux Douanes” pourrait bientôt appartenir au passé. En attendant, les citoyens doivent rester vigilants, se renseigner auprès des sources officielles et refuser de tomber dans le piège des promesses trop belles pour être vraies.